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Posted: 10/04/2006 10:26:20 Post subject: La schizophrénie |
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La schizophrénie Du grec schizen=division, phrên=esprit
Derrière le terme schizophrénie, on entend un ensemble de troubles mentaux très hétérogènes, tant par leur étiologie, que leur évolution ou leur clinique, mais ont tous en commun: Une évolutivité sur plusieurs mois ou plusieurs années, allant vers un appauvrissement de la personnalité ainsi que de l'efficience; Une absence de cause organique Une existence de troubles psychotiques Une caractérisation des troubles par la dissociation
Le diagnostic de la schizophrénie est toujours difficile, et ne peut être posé en deçà d'une période minimale d'observation de 6 mois. Au niveau épidémiologique, on note une prévalence de 2,5 à 5% /1000, sans différence significative entre les deux sexes.
A - Etiologie: Certaines hypothèses formulent que la schizophrénie résulterait d'une anomalie cérébrale. Plusieurs facteurs peuvent êtres cités, tels l'accouchement, les maladies infectieuses et en particulier virales, etc., mais aucune certitude n'est acquise dans ce domaine, et l'étiologie ne peut être cernée avec précision. Il a été montré, chez un certain nombre de patients schizophréniques, un certain nombre d'anomalies cérébrales, tels un élargissement des ventricules cérébraux, une altération du débit sanguin dans le cortex préfrontal.
B - Symptomatologie: L'âge de déclaration se situe aux environs de 15/25 ans chez l'homme, avec un léger retard chez la femme, chez qui l'on observe d'ailleurs un pic de prévalence autour de la ménopause. On note trois modes d'entrées: les débuts aigus, les débuts insidieux, et les débuts sous une sémiologie "d'emprunt", ce qui explique la difficulté du diagnostic. Le début aigu: Il peut s'agir de troubles de l'humeur (thymiques) avec états maniaques ou dépressifs atypiques associés à des symptômes psychotiques; syndrome catatonique (stupeur, avec absence complète de mouvements spontanés, résistance à l'action extérieure, appelé oppositionnisme négativisme du catatonique), parfois de façon transitoire une suggestibilité avec flexibilité cireuse (le corps se laisse imposer n'importe quelle position, avec catalepsie, cad tendance à conserver indéfiniment ces positions), associé d'écholalie, d'échomimie et d'échopraxie délires aigus, brutaux, et de morphologie paranoïdes, accompagnés de troubles du comportement, voire d'actes médicaux-légaux, avec le plus souvent une note hallucinatoire auditive. Le délire se développe sur un thème persécutif, mystique, avec un certain automatisme mental
Le début insidieux: On observe une installation progressive et lente, dès l'adolescence, de: d'un repli et d'une asthénie avec une perte d'intérêt pour le monde extérieur, apragmatisme idées délirantes, marquées surtout par des préoccupations inadaptées sur les domaines occultes, politiques, mystiques, philosophiques... modification des traits de caractère avec une certaine bizarrerie et une méfiance exagérée Le patient n'est pas conscient de ces troubles et, lorsqu'on lui demande de justifier son comportement, il donne des explications pseudo rationnelles
Le début sous une sémiologie d'emprunt: Sémiologie pseudo névrotique: avec obsessions inexpliquées, phobies de plus en plus envahissantes, symptômes de conversions Sémiologie pseudo hypochondriaque, le sujet passe de longues heures devant la glace (signe du miroir), craint que son visage ne se déforme Sémiologie pseudo anorexique: où le sujet présente une anorexie mentale secondaire à un délire portant sur la nourriture Passages à l'acte inopinés, avec fugue, prostitution, toxicomanie, agression, etc. très soudains, et inhabituels
C'est le caractère bizarre et inhabituel de la symptomatologie qui fera orienter le diagnostic.
Symptômes positifs: idées délirantes, thèmes généralement persécutifs, hypochondriaques ou mystiques, dominés par un sentiment de dépossession de soi, de déréalisation, avec une conviction délirante très élevée, entraînant des conduites aberrantes; hallucinations généralement auditives, le plus souvent à type de commentaires sur ses pensées, ses actes, il reçoit un commandement. relâchement des associations de la pensée, avec passage d'un thème à un autre sans rapport, raisonnement incohérent, voire incompréhensible, néologismes parfois nombreux. comportement perturbé: rires immotivés, variations brutales de l'humeur, actes impulsifs
Symptômes négatifs: attachement excessif au détail baisse des capacités d'abstraction et de jugement troubles de l'affectivité (retrait, détachement affectif) troubles des rapports sociaux (hypersensibilité, difficultés d'interprétation du contexte socio affectif) Symptômes discordants: bizarrerie de concentration, d'expression, marquant la discordance de la pensée et son expression
C - Les différentes formes cliniques: Elles peuvent varier dans le temps, d'un sujet à l'autre, ou au contraire, être prédominantes. L'hébéphrénie, forme de dominance des symptômes négatifs, habituellement précoce et d'évolution lente. Le sujet mène habituellement une vie pauvre et ritualisée La schizophrénie paranoïde. Marquée par sa richesse en éléments productifs, à type persécutifs. Elle est de relatif bon pronostic, les éléments pouvant être discrets et permettre sous traitement, une bonne adaptation sociale. La forme catatonique est assez rare, et marque plutôt un mode d'entrée dans la schizophrénie; La schizophrénie héboïdophrénique. Il s'agit de la forme la plus inquiétante car il s'agit de la forme psychopathique de la schizophrénie, souvent marquée par des troubles graves du comportement et des passages à l'acte de type médico-légal.
D - Traitement: Le traitement médicamenteux repose surtout sur les symptômes positifs traités par neuroleptiques. Ils sont utilisés à forte dose en phase aiguë, adjoint de correcteurs tels le Parkinane. Un traitement par forme LP est souvent préféré, afin de réduire les risques liés à l'observance du traitement (Clopixol IM, Haldol Décanoas). Il y est souvent adjoint un traitement antidépresseur et anxiolytique. La sociothérapie est fonction de l'intensité des troubles, diverses structures permettent de favoriser les contacts sociaux et parfois même un certain degré d'insertion professionnelle.
La psychothérapie permet de canaliser les désordres psychiques et l'angoisse du patient en phase aiguë, et permet un maintient relationnel en phase chronique, parfois sous forme familiale.
E - Complications: On observe très fréquemment, après une poussée d'éléments productifs, une dépression avec tentative d'autolyse élevée. Des complications médico-légales sont courantes, soit par automutilation, ou par hétéro agressions On observe également une utilisation de toxiques, permettant au patient schizophrène une excitation désinhibitrice Les complications les plus courantes liées au traitement sont généralement à type de dyskinésies, et plus rarement, mais extrêmement graves, un syndrome malin (voir section pharmacologique) _________________
Pas toujours raisonnable mais j'assume!
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